Comité d’aurevoir!

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Autour du kilomètre 150, le matin du 29 juillet 2016, vers 3 heures, je me réveille en sursaut : un hurlement à glacer le sang retentit à quelques dizaines de mètre, au bout de la plage où nous campions. Un éclaireur a détecté notre présence et semblait ne pas apprécier.

 

Je fais mine de rien, puisqu’il est seul, mais le matin venu, j’en avise la personne avec qui je faisais cette expédition et lui rappelant que je lui avait signifier la veille, soit que je me sentais observée, d’en direction du boisé, derrière le campement.

 

Vers 11 h 30, voici à quoi nous avons droit.

 

Je ne comprends toujours pas leur comportement, puisque les loups se font usuellement discret autour des humains; ils ne nous aiment pas et nous craignent autant que nous nous les craignons et il est clair que nous faisions suffisamment de bruit pour qu’ils sachent que nous étions présents. Rappelons-nous de l’éclaireur qu’il les en avait informés.

 

Cet événement restera à jamais graver dans ma mémoire d’aventurière. 😉

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Embâcle? Pont!

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Dans ces coins les plus reculés du monde, les pires obstacles ne sont souvent pas le ours ou autres espèces constituant la faune locale, les roches en pleine face, à vive allure, le portage risqué sur pente glissante, ou bien une pluie incessante lors d’une expédition en milieu humide et sablonneux. À mon sens, ce qui me semble le plus difficile, c’est d’être confrontée à un embâcle de questions intrinsèques, comme des barrages érigés par ces castoridés, ingénieurs de toutes cette complexité humaine et toutes ces complications qui la ponctuent.

Il nous incombe alors à chacun(e) de trouver la force de travail et les outils intérieurs afin de réagréer la matière même des ce questionnement pour ainsi construire les ponts qui enjamberont nos difficultés.

Nous sommes à la recherche constante de nous-mêmes et c’est souvent perdus dans les canevas les plus sauvages que nous finissons par dépeindre,loin, à l’abris de l’influence et de l’opinion de tous, toutes et aucun(e), en pleine autodétermination, notre propre vérité…

…et elle prend souvent la forme d’un chemin à suivre.

Tout à un commencement…

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(Attention : Réalité projetée augmentée. Texte écrit le 19 juillet 2016.)

Au volant de la camionnette, Lex fredonnait un air connu et au-delà de ces notes, une autre chanson tournait en boucle, dans ma tête, provoquant certes une assonance singulière, mais non désagréable.

À la limite du Bouclier Canadien, sous des cieux d’un bleu de Copenhague, parcourus de quelques nuages, nous cheminions dans une atmosphère fébrile les 356 kilomètres qui nous séparaient de Waltham où se trouvait le camp de base, au kilomètre 25 de la rivière Noire, en Outaouais.

Le visage appuyé contre la vitre de la voiture, je ne pouvais qu’admirer la splendeur du paysage qui s’offrait à nous; de part et d’autre de la route, des bottes de foin emballées d’une pellicule de plastique blanc parsemaient les champs tels de petits cumulus épars, comme si ceux-là étaient de grandes étendues d’eau dorées reflétant le ciel.

Le lendemain matin, le décompte de 100 jours allait prendre fin, nous partions en amont de la rivière Noire pour atteindre le pont Manitou pour une expédition de kayak d’une douzaine de jours.

Nonobstant quelques mois de préparation, un amalgame de craintes et de certitudes quant à mes aptitudes à effectuer cette expédition persistait, il s’était néanmoins quelque peu diffusé à travers la récurrence des moments fébriles où je ne pouvais qu’imaginer la tournure de ce voyage. À 200 kilomètres de toute civilisation, tout pouvait arriver, en bien, comme en mal; nous étions préparés au pire, mais en rien à ce qui pouvait le surpasser.

Quelques dizaines de kilomètres avant de pénétrer dans la ZEC Pontiac, nous arrêtâmes à une station d’essence afin de faire le plein d’essence, mais aussi pour dévorer un repas sur le pouce, de façon limiter la préparation d’aliment ce soir-là et de nous permettre de nous reposer pleinement avant les 3 heures 30 minutes de chemin forestier que nous allions parcourir le lendemain jusqu’au pont. Nous devions atteindre le kilomètre 197, ce qui représentait 172 kilomètres de descente.

Arrivés au camp de base, nous installâmes chacun notre tente et profitâmes du réconfort et de la convivialité d’un bon feu de camp autour duquel le propriétaire et sa femme nous joignirent afin de discuter de détails administratifs, mais aussi de tout et de rien devant un délicieux sencha, sans amertume aucune, ni dans notre tasse, ni dans notre âme.

Vers 22 heures, nous allâmes nous coucher et après quelques facéties lancées à travers les parois de nos frêles abris et des brumes de l’assoupissement, un silence, comme une grande inspiration avant un long plongeon vers le sommeil, s’installa alors que nous apprécions toute la fébrilité inhérente à l’anticipation d’un tel aboutissement.

Bercée par le chant des criquets et des grenouilles, je m’endormie sans me souvenir.

Je repris conscience aux petites heures, alors que le camp était toujours endormi et commençai les préparatifs pour notre départ.

Une pluie amère s’abat sur le 35e des jours restant

Aujoutd’hui, je vais me contenter de laisser ça ici, un vieux souvenir…

Je sais que tu as eu le message et que tu sais de qui il venait, mais :

« I have been a witness to the perfect crime
I Wipe the grin off of my face to hide the blame
It isn’t worth the tears you cry
To have a perfect alibi
Now I’m beaten at the hands of my own game »

Let it rain… on me.

Jour -42 : fébrilité

Je la retrouve au détour d’un méandre, dans l’attente du grand départ, cette fébrilité d’une enfant qui réalise finalement son rêve. Il y a tellement longtemps que fébrilité est systématiquement mêlée à anxiété queje devais toujours avoir l’innocence de cette gamine rouquine aux cheveux bouclés, les yeux bleu-verts surplombant mon nez parsemé de taches de rousseurque je fus, la dernière fois où je pus me permettre de m’abadonner à la fébrilité et l’anticipation sans entraves inhérentes à un rêve; intermittente soit-elle, cette trêve est plus que bienvenue.

C’est ce sentiment qui fut éprouvé alors que j’empaquetais minucieusement mes 12 repas lyophilisés dans mon sac étanche et que je menais un combat sans merci à l’emballage de plastique de mes ustenciles vert tendance en polycarbonate; j’y suis parvenue, je les ai conquis, ils sont miens!

Nonobstant une épine fichée dans le ventricule, ces derniers temps, mon rêve, lui, j’y prends poigne et ni rien, ni personne ne m’en détournera.

Dans 42 jours, j’ai bon espoir de m’être libérée de ces sentiments qui m’accablent, de vivre pleinement ma vie. D’ici là, je garde la tête haute, avec dignité.

Jour -48

Peu importe ce qui nous arrive, dans la vie, la dernière chose à perdre est notre dignité, humble, mais non indigne.

Quand les circonstances nous poussent à faire preuve d’humilité et que les ces routes empruntées de notre plein gré s’entremêlent à ces voies que nous n’avons pas choisies, faut-t-il garder la tête haute, et ce, nonobstant la houle de micro répercussions que nos réactions peuvent engendrer.

Devant la confrontation ou, pire encore, devant la distance et la froideur, je prendrai toujours le parti de rester intègre à mes valeurs et mes sentiments, sachant que j’ai toujours eu les meilleures intentions en agissant au mieux de science et de mon instinct. Ensuite, les réactions, faits et gestes d’autrui sont bien à eux, ne m’appartiennent donc nullement.

Dans le cas qui m’intéresse, ici, j’ai fait ce que je devais faire afin de libérer mon esprit des sentiments que je nourrissais et qui m’empêchaient d’avancer.

Soit! Soit! La situation est plus simple pour l’autre personne qui a fait le choix de ne pas être impliqué dans la situation, choix que je respecterai sans condition, choix qui ne m’a pas été donné.

Ainsi soit-il.

KJ

Descente aux enfers de la rivière Beaudette, 28 mai 2016

Non, mais trêve de facéties! On se pratique à rester pognée dans roche avec classe, pour le grand soir!