Je résiste à la marée noire montante

Frappée de plein fouet par le ressac

Je lutte

La mer brûle et s’élève en un tsunami de flammes

Prête à choire sur ma volonté

Amer qui, dans la tempête, se voulait ton repère

Les vaguelettes lèchent mes plaies à vif

Avant de se retirer vers le large

Présage de possible rétribution

Dont seul Poséidon possède le don et l’entendement

Des paludiers harcèlent mes paupières

En cascades jusqu’à mes mots

Pour qui l’amère s’improvise lexique

Fuir, se réfugier

À l’abri de rochers ignifuges

Mon immersion mettra ce monde à feu et à sang

Le temps de faire place à la vacuité

Des cenotés aux Mariannes

Les circonstances s’arment jusqu’aux dents

Nous empreuntons toustes

Bon gré malgré

Ces cannaux qui nous mènent indubitablement à la fosse

Peine commune

Emplissant la faille

Qui sépare nos réalités

Notre échec

Je prendrai la lame de fond entre les épaules

Plutôt qu’en plein ventricule

La plage maculée

Sera lavée de mes maux

Et je quitterai

Portée par ces vagues non identitaires

Espérant un jour joindre tes côtes

Dès lors par l’enture de nos créations

Par la fusion de nos êtres

Nous rallierions nos langages