L’Empereur d’albâtre

Je dois cesser de t’aimer de t’admirer
Briqueter ma carapace autour de ton souvenir
Étaler mon pare-lumière
Tamiser ton sourire phare
La mémoire de mes lèvres
Sur ta moue charnue
Ne plus revisiter
De mon index frémissant
Ces sombres hiéroglyphes
Encrés sur ta peau d’albâtre
Ou ce sigil sur ton parchemin d’empire
Ne plus laisser glisser ta pensée
De ma main tremblante
Entre mes cuisses au zénith
À l’évocation de ton membre de David
Me garder de l’immersion dans ton regard vert-mer
Du dessin de tes traits patriciens
Me refuser l’étreinte de ton corps d’Adam
L’opportunité de ta main tendue
Dans une réplique séculière de ta création
Tes doigts jouant de ma lutte
Explorant toutes mes gammes
Sur ta langue les vers de Vesper
Tel Cernunnos à l’Équinoxe
Gouttant ma sève
Accrochée à tes rameaux
Je te supplie de m’achever
Seulement alors si aisément t’immisces-tu en moi
Frappant la porte de ma cité
Une poignée de semence à la main
Je convoite ton essence et ton fruit
Tes quelques mots, délices déflagrations
Soufflés à mes gardes
Entre deux soupirs
Menacent les murs de ma forteresse
Comme une vague déferlante
Ton armée infiltre mon enceinte
Où à l’intérieur ton lègue siégera
Lorsque la légende devient Empereur

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