Prophétie 1 – Livre des ombres triturés

Que faire quand l’essence de la légende reposes sur nos lèvres et que l’on poursuit une chimère à travers le labyrinthe de nos existences respectives?

Tu manques à chacune de mes inspirations… Dis-moi, chéri, où commence le rêve, ou termine notre douleur? Ce monde ne nous comprendra jamais que physiquement. Et la mi-solstice est à une éternité de notre réalité.

Dans mes entrailles génératives brille l’absence de tes perséides. La gésine latente patiente.

Je ne serai témoin de ta fin. Derrière l’aurore, s’élèvera le nouveau commencement. L’éclipse ne viendra que si je failli à la tâche.

La haine ne triomphera point, et tu ne seras martyr.

Lettre à coeur ouvert à nos morceaux imaginaires

Allô!

Je ne te demanderai pas comment tu vas, car je peux le deviner à cet air absent qui ponctue usuellement ces moments d’impermanance de soi qui t’affligent coeur, âme et vie. Ceux-là où je ressens, jusqu’en mon sein, ta détresse; elle émane de tout ton être à en suiter sur les murs de notre prison de chair.

Avant de poursuivre, j’aimerais que tu saches que l’envie de prendre la plume s’impose à ma volonté; ces temps derniers, la voix me manque, se perd-elle dans les dédales de cet implacable sentiment d’impuissance qui terrasse tant mes jours.

Vois-tu, Amour, l’idée de fragmentation de nos êtres semble brouiller le canvas de façon insidieuse et intempestive. Pourtant, plus je tends à te connaitre, plus de l’image d’une personne entière, intègre et complexe se peint d’elle-même au milieu de mon décore ravagé par les intempéries rendant caduc le concept même de morceaux épars et incohérants; toi et moi savons que ce monde ne tient plus qu’à un fil.

Devines-tu où je veux en venir?

À cette envie irrépressible de paix, le temps de lécher et cacheter les plaies de nos enveloppes contenant les miettes de ces êtres messages que nous sommes et de les expédier vers le meilleur de leur répartition. Car, quand on y pense bien, l’insomnie n’est pas la fin du monde si on peut vivre un cauchemar éveillé.

Je parle bien sûr de ce désire impératif d’abandonner le monde à notre tour pour lui rappler que la levée du jour n’est que phénomène, qu’elle n’en est rien sans la vision poétique de ses témoins; la réalité nous rappelle plutôt l’évolution de notre vesseau, Terre mère, autour de la lumière incandescente de l’astre, calibrée par nos écrans DEL. En attendant, le sentiment que les hivers s’accumule sur nos desseins simule une sédimentation traitresse; souvenons-nous que l’équinoxe suivra et que sous nos pieds gelés, le noyau de volonté brûle toujours.

J’étouffe, mon regard s’accroche aux branches des arbres au loin et aux brindilles en bordure de notre route alors que la civilisation tend ses pièges spectraux et donne à chaque jour le pouvoir de m’infliger l’envie de ma laver de la boue du champ de combat pour m’emplir les mains de terreau où faire pousser notre relève. Partir, ne serait-ce qu’un temps, s’éloigner du vacarme pour retrouver le ton notre voix respective.

Mon être est en mal d’organique. Sous le toit des arbres dénudés, t’étenderas-tu dans la neige, à mes côtés? Comtempleras-tu, à travers les larmes, la demeure indigo nos astres parents? Le core réchauffé par la flamme iconique de nos ébats, accepteras-tu de partager le fardeau de ton affliction? Nos maux sont ces frères battant nos âmes soeurs. La prophylaxie ne peut être autre que leur emprisonnment vers l’exécution.

 

Réparation des épars

Je ressens l’impression d’un cœur gelé par le retour du froid.

Mon corps, lui, est engourdi, terrassé de douleur.

Le matin ne laisse aucune place à la lumière, je suis perdue, suspendue dans le néant ou dans le blizzard, sans fil d’Ariane pour le retour vers la chaleur des couvertures.

Jamais ne fut-ce davantage la peur de la distance physique que celle de la mort de la symbiose dans la quasi permanence de notre mal.

Cachetons donc les plaies de nos enveloppes contenant les miettes de ces êtres messages que nous sommes, expédiés vers le meilleur de leur répartition.

Car, quand on y pense bien, l’insomnie n’est pas la fin du monde si on peut vivre un cauchemar éveillé.

Un espèce de remède vieux comme Asclépios

La seule vengeance que je puisse contre cette situation où, d’une part je goûte l’amère déception d’un rêve abîmé, une aile brisée, et de l’autre ressens-je le froid du glaive acéré qui, dans mon ventricule meurtri se fiche sans pitié, lames des sentiments brûlants nourris à même mon essence; le seul talion qui me semble possible contre ces revers de la vie est, sans doute aucun, la création à coeur ouvert. Trouver refuge dans la fantaisie d’une autre réalité le temps que la mienne soit réhabilitée.

2016 est incontestablement une année étrange.

 

 

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Une pluie amère s’abat sur le 35e des jours restant

Aujoutd’hui, je vais me contenter de laisser ça ici, un vieux souvenir…

Je sais que tu as eu le message et que tu sais de qui il venait, mais :

« I have been a witness to the perfect crime
I Wipe the grin off of my face to hide the blame
It isn’t worth the tears you cry
To have a perfect alibi
Now I’m beaten at the hands of my own game »

Let it rain… on me.

Jour -42 : fébrilité

Je la retrouve au détour d’un méandre, dans l’attente du grand départ, cette fébrilité d’une enfant qui réalise finalement son rêve. Il y a tellement longtemps que fébrilité est systématiquement mêlée à anxiété queje devais toujours avoir l’innocence de cette gamine rouquine aux cheveux bouclés, les yeux bleu-verts surplombant mon nez parsemé de taches de rousseurque je fus, la dernière fois où je pus me permettre de m’abadonner à la fébrilité et l’anticipation sans entraves inhérentes à un rêve; intermittente soit-elle, cette trêve est plus que bienvenue.

C’est ce sentiment qui fut éprouvé alors que j’empaquetais minucieusement mes 12 repas lyophilisés dans mon sac étanche et que je menais un combat sans merci à l’emballage de plastique de mes ustenciles vert tendance en polycarbonate; j’y suis parvenue, je les ai conquis, ils sont miens!

Nonobstant une épine fichée dans le ventricule, ces derniers temps, mon rêve, lui, j’y prends poigne et ni rien, ni personne ne m’en détournera.

Dans 42 jours, j’ai bon espoir de m’être libérée de ces sentiments qui m’accablent, de vivre pleinement ma vie. D’ici là, je garde la tête haute, avec dignité.

Jour -48

Peu importe ce qui nous arrive, dans la vie, la dernière chose à perdre est notre dignité, humble, mais non indigne.

Quand les circonstances nous poussent à faire preuve d’humilité et que les ces routes empruntées de notre plein gré s’entremêlent à ces voies que nous n’avons pas choisies, faut-t-il garder la tête haute, et ce, nonobstant la houle de micro répercussions que nos réactions peuvent engendrer.

Devant la confrontation ou, pire encore, devant la distance et la froideur, je prendrai toujours le parti de rester intègre à mes valeurs et mes sentiments, sachant que j’ai toujours eu les meilleures intentions en agissant au mieux de science et de mon instinct. Ensuite, les réactions, faits et gestes d’autrui sont bien à eux, ne m’appartiennent donc nullement.

Dans le cas qui m’intéresse, ici, j’ai fait ce que je devais faire afin de libérer mon esprit des sentiments que je nourrissais et qui m’empêchaient d’avancer.

Soit! Soit! La situation est plus simple pour l’autre personne qui a fait le choix de ne pas être impliqué dans la situation, choix que je respecterai sans condition, choix qui ne m’a pas été donné.

Ainsi soit-il.

KJ

Case closed (definitely!)

To you, just so you know….

Once upon a time, I looked into your eyes for a split second. They were green and I was charmed.

Then you became cold and distant to finally vanish into the horizon, melted along the skyline and dripped slowly into the tumult of my sea.

Never to return…

Never to return.

I will never tell you, you will never know, that you were the reason my sun was rising.

But it was a mirage, nothing more than a vain hope.

You know, time always makes it clear, and it appears we all belong to some place: I’ll go back dancing with the gypsies and you can keep on pretending freedom and liberty with the bourgeois. In the end, the barricades will be erected on your side of the world, and everybody knows that your sky is the limit.

Yet, the one thing I know is that truth and love will always prevail and I would shamefully lie to myself if I’d say I’ll no longer whisper your name in the depths of my most unconscious and uncontrollable dreams…

… but the case is closed and it lies cold.

With all my love still, and sincerity, but above all with dignity,

KJ