Jour -48

Peu importe ce qui nous arrive, dans la vie, la dernière chose à perdre est notre dignité, humble, mais non indigne.

Quand les circonstances nous poussent à faire preuve d’humilité et que les ces routes empruntées de notre plein gré s’entremêlent à ces voies que nous n’avons pas choisies, faut-t-il garder la tête haute, et ce, nonobstant la houle de micro répercussions que nos réactions peuvent engendrer.

Devant la confrontation ou, pire encore, devant la distance et la froideur, je prendrai toujours le parti de rester intègre à mes valeurs et mes sentiments, sachant que j’ai toujours eu les meilleures intentions en agissant au mieux de science et de mon instinct. Ensuite, les réactions, faits et gestes d’autrui sont bien à eux, ne m’appartiennent donc nullement.

Dans le cas qui m’intéresse, ici, j’ai fait ce que je devais faire afin de libérer mon esprit des sentiments que je nourrissais et qui m’empêchaient d’avancer.

Soit! Soit! La situation est plus simple pour l’autre personne qui a fait le choix de ne pas être impliqué dans la situation, choix que je respecterai sans condition, choix qui ne m’a pas été donné.

Ainsi soit-il.

KJ

L’autodérmination : l’unique voie vers le bien être réel

À la suite d’une rupture ou la fin d’un emploi, il est toujours difficile de retrouver confiance en ses propres capacités à gérer sa vie correctement. Il est donc d’autant plus important de balancer entre les conseils et commentaires que l’on nous donne et l’autodétermination afin d’éviter le bourrage de crâne, ou, d’un autre côté, de perpétuer les mêmes erreurs.

En effet, il est très complexe de déterminer où commence la réalité des uns et où finit celle des autres, mais le meilleur indicateur quant à savoir si la bonne décision a été prise, à l’instar de déterminer si une situation vous convient, il s’agit de constater les changements de votre humeur, au quotidien.

L’année 2015 est, jusqu’à aujourd’hui, l’une des moins bipolaires à travers lesquelles j’ai du passer, dans la dernière décennies; de l’extrême confusion à la certitude totale,je suis passée à travers toutes les zones grises du questionnement, j’ai conclu tout récemment que la meilleure façon de se sentir bien avec soi-même, est d’écouter ses instincts et de ne pas se contenter du minimum.

S’il faut s’ouvrir aux autres, nous avons toutes et tous droit et le devoir de se faire respecter. Si une personne ou un emploi ne met pas les mêmes efforts, et ce, dans le même sens, dans la relation, celle-ci est clairement vouer à l’échec si, après discussion, la largeur gouffre séparant les valeurs et les visions est trop importante. Dans ces conditions, un des meilleurs moyens de remédier à la situation est de crever l’abcès, entre d’autres termes le « ça passe ou ça casse », et, dans le cas où ça casse, continuez, marchez sans regarder à l’arrière, car les regrets sont le curare de la conscience humaine, une seule pointe, une quantité dérisoire pourra réellement vous empêcher de jouir d’une vie créative et saine.

Il n’est pas normal d’être quotidiennement déçue de notre situation, au point où on constate une détérioration de sa santé physique et mentale. Constamment avoir le coeur qui débat ou avoir mal au ventre de peur d’être déçue ou contrarié, c’est un très bon indicateur.

La prochaine fois que vous constatez chez l’autre les mêmes comportements, n’attendez pas que votre qualité de vie en subisse les conséquences, mettez fin à relation ou à l’emploi si vous constater que la situation se reproduit après avoir émis vos commentaires; la clé est de limiter les dégâts.

Depuis que cette barrière mentale a été dynamitée, une digue d’inspiration a céder, dans la foulée ce qui a pour résultat que je me retrouve en processus créatif en permanence, tous les jours depuis cette constatation, que je sois en train de manger ou d’échanger avec mes collègues ou mes proches, j’imbibe les éléments d’inspiration à travers toute situation et j’ai enfin retrouver mes ambitions oubliées depuis bien trop longtemps, mais aussi ma confiance en moi,en ma valeur, en mes moyens, en mes valeurs, et indubitablement en mes désires.

The Life After Death Experiment

    Wow. If you wanna live a life after death experience, delete your Facebook account. Beside 2 or 3 people I feeling like I’m just hauting, barely receiving answers from them, on google+, it’s like I’m dead to the world, even for my family. This is a very strange feeling. Funny how people’s consciousness mutated around the use of the Internet. I guess it makes it bearable for people who are isolated from everone and have live in the city and/or on the Internet.

    This answers a lot of my questions, here.

    It oddly reminds me of that movie, The Moon, or more Silent Hill.

Commentaires fermés sur The Life After Death Experiment Posted in Critique sociale

Ourdissage

(Texte lu aux Auteurs du Dimanche sous le theme « Cohabiter » 5 octobre 2014) 

 
Au moment où elle mit les pieds sur la moelleuse moquette beige du bureau de la maison ministérielle, l’heure marqua la déhiscence de la première démarche de leurs desseins. Une fraction de seconde plus tard, au mépris de ces intenses années d’entrainement, submergée par le doute, la peur faillit la contraindre à une génuflexion devant son impérial pouvoir de dissuasion. Or, afin de se donner consistance, elle s’autorisa, pour une dernière fois, l’évocation du leitmotiv qui l’avait poussée à consentir au sacrifice de son innocence.

Depuis son élection au poste de premier ministre, Cauchon, lié à l’asservissement de la pécune, jouissait de façon putassière de la liturgie des oligarques de divers cartels. Fidèle abonné à l’indifférence, il ne pressentait aucunement l’urgence de louvoyer en se formalisant de tout et tous ceux, humains, bêtes et végétaux, dont l’existence était pourrie par les actions et intérêts de plaies de son acabit, coexistaient de moins en moins aisément sur les territoires du monde.

À chaque jour où l’on nous permettait de fouler le sol moribond de Terre Mère, Cauchon nous donnait une nouvelle raison de se sentir honteux et honteuses d’être de cette sorte qui croyait pouvoir se permettre de tout dominer.

On oublie facilement que d’avoir la prétention d’être assis tout en haut de la pyramide rend vulnérable l’effondrement du à la disparition de tout ce que l’on ose, en toute irrévérence, forcer à supporter le poids du supposé plus fort. Elle imagina alors, avec répugnance, que ce devait être, au fond, ce que les historiens appellent les piliers de l’Humanité.

Il était assis à son bureau, profondément perdu dans ses pensées, probablement à ourdir ses usuels et fangeux complots. Elle, tout de noire vêtue, encagoulée, un sabre dans son dos, qu’elle dégainait très lentement au gré de son évolution prudente, était maintenant emplie d’une sereine résilience.

Non! Il était hors de question de faire de ce shogun d’extraction douteuse un nouveau Pinochet. Il devait répondre, ce soir même, de ses infamies!

Elle fit alors deux pas des plus assurés, toutefois, son ambivalence la fit reculer derechef dans l’ombre du doute.

Nous allions décapiter une nation, néanmoins, sans écimer l’idéologie capitaliste et défaire l’arborescence de tout ce qui cohabite, sur cette planète, l’hydre capitaliste ferait réapparaitre, dès demain, son même vieux chef hideux. Ce coup d’épée dans l’eau valait-il une telle abnégation de sa part?

De ce combat intérieur, elle comprit donc que c’était le doute et la confiance qui séparaient tant les siens de leurs adversaires titanesques; Cauchon ne se remettait-il jamais en question?

Déstabilisée, elle évita une chute de justesse, au mépris de ses années d’entrainement, elle n’adhérait toujours pas au fanatisme qu’on tentait de lui inculquer. Si elle partageait la vision globale de ses pairs, elle restait un être pensant à part entière ce qui lui permit de comprendre l’inutilité du geste qu’elle s’apprêtait à poser.

De plus, en faire une victime ne lui attirerait-il pas la sympathie de la population? N’offraient-ils pas alors l’opportunité à leurs ennemis de les vilipender, dans les médias, avec, comme seule récompense, l’assassinat de l’un de leurs vulgaires pions?

Mais n’était-il pas trop tard pour reculer? Elle avait réussi à pénétrer à l’intérieur de la maison sans se faire prendre, sachant qu’une fois son devoir accompli, il n’y aura pas de chemin de retour. Elle serait donc parvenue à entrer absolument pour rien? Que penseraient les siens, si elle reculait maintenant? Comment se sentirait-elle lors de son dernier soupir? Préférait-elle mourir en traitre aux yeux de ses amis ou quitterait-elle ce monde tout à fait intègre?

Le bras stoppé net dans son mouvement, elle rengaina son sabre, baissa la tête, ferma les yeux se demandant depuis combien de temps elle se livrait à cette lutte inopinée, mais puisqu’il était impossible d’obtenir une réponse claire à cette question, elle réorienta ses pensées sur sa situation précaire. Comment avait-elle pu croire une seule minute qu’il serait salutaire de mettre hors d’état de nuire quelqu’un qui allait, de toute façon, être remplacé?

Prise au dépourvu, incapable de trancher la question, elle resta ainsi, pétrifiée, ignorant le temps qui s’écoulait et qui jouait en sa défaveur.

C’est alors que ce qu’elle craignait arriva; elle entendit la porte ouvrir derrière elle et quelqu’un l’interpeler:

-Hey! Est-ce toi qui as encore pris tout mon lait?

Irritée, elle se détourna de son écran, interrompue en pleine rédaction, et avisa son colocataire, debout, en caleçon et en t-shirt des Nordiques, une pinte de lait vide à la main affichant un air on ne peut plus indigné.

Un printemps sous P6 ( Texte publié dans le collectif Les femmes changent la lutte des Éditions du remue-ménage)

Tenter de rendre compte de mes expériences avec les forces de l’ordre pendant la grève étudiante et  la résistance en cours se révèle un exercice nécessaire, vital, mais oh combien douloureux. J’ai tellement de choses à dire que je ne sais par où commencer. La question suscite ce trop-plein d’émotion et tout tente de sortir en même temps, ce qui crée un goulot d’étranglement. J’ai les mains qui tremblent, la gorge nouée et mes idées s’embrouillent et sombrent dans un vortex d’images négatives. Elles se perdent dans l’arborescence de mes pensées et viennent, au bout d’une branche, appuyer sur la plaie béante de blessures antérieures.

 

Depuis quelques mois, je suis incapable de fonctionner normalement. Cela fait environ huit semaines que je suis incapable de travailler. Selon mon médecin, je serais atteinte du syndrome du choc post-traumatique à la suite des événements survenus depuis le début de l’année 2013. Des incidents survenus lors de manifestations, alors que le SPVM redouble d’efforts pour faire respecter le règlement P6, et qui ont fait ressurgir mon passé.

 

Ma première expérience de la brutalité policière remonte à il y a 13 ans, un certain soir, à la mi-avril, alors que je tentais de noyer dans l’alcool une peine trop grande pour mes 19 ans. À cette époque, je vivais dans le chaos inhérent à une jeune femme décrocheuse, d’une famille pauvre de la campagne et laissée à elle-même en pleine ville. Depuis plus de deux ans, mon quotidien était fait de survie et de toutes sortes d’erreurs de parcours qui me rendaient la vie impossible. L’avenir n’était pour moi qu’un grand trou noir.

 

Ce certain soir d’avril, lors d’une dispute avec mon ex-chum en pleine rue Rachel, voilà qu’un pompier se pointe pour me dire de me calmer alors que c’était moi qui tentais de partir, de fuir l’ex en question qui me poursuivait pour continuer ses remontrances et qui me retenait par le bras pour m’empêcher d’échapper à sa hargne et à son désir de me faire payer pour je ne sais trop quelle faute. Le pompier en question m’attrapa violemment par le bras. Je réussis à m’en défaire et le repoussai. Mais je n’allais pas m’en tirer si facilement. Il lui fallut aller chercher en renfort ses amis, les policiers du poste 38, pour terminer le travail que l’ex avait pourtant, ma foi, si bien commencé.

 

Quand je les ai vus arriver, les policiers, j’ai eu peur! J’ai tenté de fuir les lieux, mais une main m’agrippa par la peau du cou pour m’écraser le visage dans le pare-brise d’une voiture stationnée. Au final, quatre, cinq, six policiers, difficile de se souvenir précisément dans ces circonstances, me passèrent à tabac, un nombre supérieur à celui mentionné dans les rapports, qui parlaient tout de même d’arrestation arbitraire, soit dit en passant.

 

Ma deuxième expérience avec le SPVM eut lieu des années plus tard, soit le 8 février 2013, lors d’une manifestation contre le Plan Nord au Palais des congrès. Il faut se remettre dans le contexte :il neigeait, il faisait un froid glacial, nous étions environ 100 à 200 manifestantes et manifestants qui pataugions dans 15 centimètres de neige, dans une tentative de faire entendre notre point de vue sur l’exploitation du nord au détriment de l’environnement. Quelques manifestants, dont je ne faisais pas partie, ont tapé dans les vitres sans causer grand dommage, mais l’anti-émeute n’entendait pas à rire, ces policiers se sont déployés et nous ont repoussés afin de protéger les vitrines. C’est à ce moment, alors que je me tenais là, pacifique, à quelques pas des policiers, que l’un d’eux me demanda de reculer. J’ai demandé pourquoi et la réponse que je reçus, à cette insolente question, fut un formidable coup de bouclier au visage. Ensuite, ce fut la confusion totale. Encore aujourd’hui, j’ai peine à me souvenir des heures qui ont suivi, où je courais dans tous les sens sans vraiment savoir ce que je faisais ni où j’allais. J’ai compris par la suite que je revivais beaucoup de choses du passé, entre autres, mon arrestation d’avril 2000. Toute la violence subie auparavant, comme un film projeté en moi, refaisait surface.

 

Après la manifestation, alors que je rentrais chez moi en métro, je n’arrivais pas à me calmer. J’ai appelé mon meilleur ami pour lui raconter ce qui venait de se passer, mais ce n’est qu’arrivée chez moi, tremblant de froid, de peur et de rage, que je me suis mise à pleurer. Cette nuit-là, les cauchemars ont commencé. Ainsi que les épisodes où je tremble au moindre stress et sursaute au moindre bruit plus fort que les autres.

 

Ensuite, je me suis retrouvée à la première manifestation de nuit de 2013, le 5 mars. Plusieurs auront vu ces images, place Émilie-Gamelin, où une vingtaine d’entre nous se tenaient par les coudes pour tenter de protéger un jeune homme gravement blessé par une grenade assourdissante et des secouristes bénévoles tentaient de lui porter secours. Nous avons été poussés, matraqués et repoussés à coup de grenades assourdissantes et une fois de plus, j’ai perdu la carte. Ce soir-là, j’ai eu une crise d’asthme due à la violence de l’assaut, à la fumée des projectiles lancés par les policiers et à ma course effrénée. Je me suis alors enfouie plus profondément dans ma douleur.

 

Quelques semaines plus tard, mon médecin me mettait en arrêt de travail pour choc post-traumatique et surmenage.

 

Ma plus récente expérience de brutalité policière date de quelques jours à peine. Lors de la manifestation du 1er mai 2013, organisée par la Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC), nous avons été 447 personnes prises en souricière pendant près de 6 heures avant de nous faire formellement lire nos droits, de nous faire fouiller, menotter et embarquer dans des autobus gracieusement offerts par la STM, un à un, comme des prisonniers politiques (ce que nous étions, en fait).

 

Outre le fait d’être prise en souricière, d’être arrêtée pour avoir manifesté, ce sont les événements qui ont suivi, dans l’autobus qui nous amenait au Centre d’opération Est, qui m’ont marquée.

 

Tout a commencé quand mon amie, qui m’avait accompagnée tout au long de ces longues heures, et qui est claustrophobe, a eu une crise de panique à cause des menottes (qui pourrait lui en vouloir). La réaction des policiers a été de la faire changer de place, soi-disant qu’elle se retrouve dans une position plus confortable. Ils ont alors refusé que je me rende à ses côtés pour tenter de la réconforter. Quand elle s’est plainte de ses menottes trop serrées, la réaction d’un des policiers a été de les resserrer, ce qui est ni plus ni moins de la torture. Il lui a également crié, à quelques centimètres du visage : « Tu vas te calmer! ». Par solidarité, tous ceux et celles qui se trouvaient dans l’autobus se sont mis à scander « loosen them » (desserrez-les) en tapant du pied sur le plancher de l’autobus. C’est alors que l’anti-émeute a été appelée en renfort pour nous faire taire. À ce moment-là, j’étais debout, à côté d’une policière qui était en train de procéder à mon identification. Un des agents de l’anti-émeute m’a alors ordonné de m’asseoir, et m’a repoussée sur mon siège, avant de se faire dire par la policière que c’était elle qui m’avait demandé de me lever. Je me suis alors mise à trembler et à pleurer de rage.

 

Le cauchemar n’était pas terminé. Par la suite, un policier en complet veston-cravate, peut-être un inspecteur, est à son tour entré dans l’autobus pour nous avertir qu’il y avait des caméras et que si nous brisions quelque chose nous serions traînés en « justice ». Il s’est par ailleurs fait un devoir de rajouter au malheur de mon amie en la pointant du doigt et en précisant : « Surtout vous, madame! » Nous nous sommes aussi fait dire d’arrêter de chanter et de scander des protestations, sinon nos pieds seraient aussi menottés.

 

Nous avons eu droit à l’anti-émeute pendant tout le voyage, durant lequel mon verre de contact rigide s’est déplacé et que je n’ai pu replacer qu’à la fin, accompagnée par une policière et sa superviseure à l’intérieur du poste. Ça fait mal, un verre de contact rigide déplacé pendant une heure, mais quand on se compare, on se console. Je pensais à la jeune femme assise en face de moi, qui avait envie d’aller aux toilettes depuis quatre heures et à mon amie, qui tentait de se réconforter en se disant que nous étions toutes dans la même situation, ce qui lui a permis de ne pas perdre la tête.

 

Il est clair, en ce qui me concerne, que la résistance en cours est beaucoup plus complexe qu’un combat contre une hausse des frais de scolarité. Je me répétais souvent, jusqu’à tout récemment, qu’après tout ce que j’ai vécu, je ne suis plus la même personne qu’avant. C’est de la FOUTAISE! Il me paraît évident que toute ma vie m’a menée à ce point crucial. À travers mes maux, elle m’a façonnée pour ce passage de l’histoire de l’humanité. C’est justement parce que j’ai vécu les manques de cette société que je me bats corps et âme pour l’améliorer. Mon expérience est un arbre cruel forgé à même le métal de ma résistance et qui puise son essence dans un sol riche en idées et s’alimente à ce bouillant instinct de survie. Un désir de vivre battu comme le fer chaud, comme le tranchant d’une épée acérée, destinée à un combat loyal et intense pour la liberté et la justice pour tous.

 

Je pourrais me dire, après tous ces événements, qu’il faudrait bien que j’arrête de défendre mes opinions et de manifester. Abdiquer, me dire qu’en fin de compte, les forces de l’ordre auront le dessus sur mes convictions. C’est ce que la « majorité silencieuse » croit, apparemment.La société tente de nous convaincre, nous, les femmes, que nous devrions craindre la douleur physique. On m’a inculqué, toute ma vie, une culture de la peur du monde extérieur, qu’une femme doit toujours se méfier et avoir peur de tout. On me fait sentir coupable d’être une femme et de dire ce que je pense, d’être solide et résolue. C’est vrai que je pourrais me dire que ma place est derrière un bureau à faire de la comptabilité, me taire, oui, me fermer la gueule. Ce sont les médias, les gouvernements, les policiers, la société entière qui essaient de nous faire croire que tout cela nous dépasse, que notre pouvoir de citoyennes se résume à faire ce que tous nous demandent, de ne jamais contester l’autorité en place. On nous prévient que , dans le cas contraire, nous allons avoir mal et que nous allons avoir peur.

 

Mais je refuse de capituler. Pour la simple et bonne raison que si nous ne faisons rien pour améliorer la société, si nous ne crions pas haut et fort ce que nous voulons et que nous ne dénonçons pas les injustices sociales nous allons indubitablement souffrir. Je ne cesse de me répéter que l’avenir nous appartient à toutes et à tous, autant qu’il nous appartient de nous affranchir vis-à-vis de l’État et de ne pas laisser certains mener notre avenir vers une catastrophe certaine. Il faut aussi se rappeler que, malgré tous les efforts de nos dirigeants, malgré la loi P6, nos rues sont publiques et ce qui est public appartient au peuple. Et le peuple, surtout les femmes, qui sont depuis trop longtemps opprimées et tenues dans la pauvreté, en a ras-le-bol. Le peuple ne s’en laissera plus imposer. Je suis une femme et je suis devenue, à travers le temps et les expériences, fin prête pour le combat social!

 

La bise de la poétesse

Le temps comme les pages d’un recueil fétiche,
Les feuilles de mon calendrier,
Mortes tombées, s’accumulent,
Comblant les sillons gravés à même le sentier,
Forment ma dernière couche.
Victimes des quatre vents,
Telles les larmes du saule affluant de la rivière Noire,
Qui s’endort dans le berceau du souvenir d’un été tourmenté.
Dehors, tout est si immobile, les vents se sont tus, enfin,
Le gris froid, fond de scène d’un dernier acte,
Ou le cadavre de la dernière cigale gît sur le béton crasse,
Elle a finalement cessé de chanter.
Les gravissimes pessimistes,
Ceux-là qui ignorent les douleurs et doléances inhérentes à la gésine des mots,
Diront que c’est ainsi que se tait une  insipide vie de non-labeur,
Les autres se contenteront de déclamer avec désinvolture que c’est le début d’un autre hiver,
Avant qu’ils ne se terrent dans ce qui leur reste d’espoir,
À l’aboutissement des méandres de leur perception,
Là où fourmillent de faux rêves.