Lettre à coeur ouvert à nos morceaux imaginaires

Allô!

Je ne te demanderai pas comment tu vas, car je peux le deviner à cet air absent qui ponctue usuellement ces moments d’impermanance de soi qui t’affligent coeur, âme et vie. Ceux-là où je ressens, jusqu’en mon sein, ta détresse; elle émane de tout ton être à en suiter sur les murs de notre prison de chair.

Avant de poursuivre, j’aimerais que tu saches que l’envie de prendre la plume s’impose à ma volonté; ces temps derniers, la voix me manque, se perd-elle dans les dédales de cet implacable sentiment d’impuissance qui terrasse tant mes jours.

Vois-tu, Amour, l’idée de fragmentation de nos êtres semble brouiller le canvas de façon insidieuse et intempestive. Pourtant, plus je tends à te connaitre, plus de l’image d’une personne entière, intègre et complexe se peint d’elle-même au milieu de mon décore ravagé par les intempéries rendant caduc le concept même de morceaux épars et incohérants; toi et moi savons que ce monde ne tient plus qu’à un fil.

Devines-tu où je veux en venir?

À cette envie irrépressible de paix, le temps de lécher et cacheter les plaies de nos enveloppes contenant les miettes de ces êtres messages que nous sommes et de les expédier vers le meilleur de leur répartition. Car, quand on y pense bien, l’insomnie n’est pas la fin du monde si on peut vivre un cauchemar éveillé.

Je parle bien sûr de ce désire impératif d’abandonner le monde à notre tour pour lui rappler que la levée du jour n’est que phénomène, qu’elle n’en est rien sans la vision poétique de ses témoins; la réalité nous rappelle plutôt l’évolution de notre vesseau, Terre mère, autour de la lumière incandescente de l’astre, calibrée par nos écrans DEL. En attendant, le sentiment que les hivers s’accumule sur nos desseins simule une sédimentation traitresse; souvenons-nous que l’équinoxe suivra et que sous nos pieds gelés, le noyau de volonté brûle toujours.

J’étouffe, mon regard s’accroche aux branches des arbres au loin et aux brindilles en bordure de notre route alors que la civilisation tend ses pièges spectraux et donne à chaque jour le pouvoir de m’infliger l’envie de ma laver de la boue du champ de combat pour m’emplir les mains de terreau où faire pousser notre relève. Partir, ne serait-ce qu’un temps, s’éloigner du vacarme pour retrouver le ton notre voix respective.

Mon être est en mal d’organique. Sous le toit des arbres dénudés, t’étenderas-tu dans la neige, à mes côtés? Comtempleras-tu, à travers les larmes, la demeure indigo nos astres parents? Le core réchauffé par la flamme iconique de nos ébats, accepteras-tu de partager le fardeau de ton affliction? Nos maux sont ces frères battant nos âmes soeurs. La prophylaxie ne peut être autre que leur emprisonnment vers l’exécution.

 

Embâcle? Pont!

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Dans ces coins les plus reculés du monde, les pires obstacles ne sont souvent pas le ours ou autres espèces constituant la faune locale, les roches en pleine face, à vive allure, le portage risqué sur pente glissante, ou bien une pluie incessante lors d’une expédition en milieu humide et sablonneux. À mon sens, ce qui me semble le plus difficile, c’est d’être confrontée à un embâcle de questions intrinsèques, comme des barrages érigés par ces castoridés, ingénieurs de toutes cette complexité humaine et toutes ces complications qui la ponctuent.

Il nous incombe alors à chacun(e) de trouver la force de travail et les outils intérieurs afin de réagréer la matière même des ce questionnement pour ainsi construire les ponts qui enjamberont nos difficultés.

Nous sommes à la recherche constante de nous-mêmes et c’est souvent perdus dans les canevas les plus sauvages que nous finissons par dépeindre,loin, à l’abris de l’influence et de l’opinion de tous, toutes et aucun(e), en pleine autodétermination, notre propre vérité…

…et elle prend souvent la forme d’un chemin à suivre.

Jour -42 : fébrilité

Je la retrouve au détour d’un méandre, dans l’attente du grand départ, cette fébrilité d’une enfant qui réalise finalement son rêve. Il y a tellement longtemps que fébrilité est systématiquement mêlée à anxiété queje devais toujours avoir l’innocence de cette gamine rouquine aux cheveux bouclés, les yeux bleu-verts surplombant mon nez parsemé de taches de rousseurque je fus, la dernière fois où je pus me permettre de m’abadonner à la fébrilité et l’anticipation sans entraves inhérentes à un rêve; intermittente soit-elle, cette trêve est plus que bienvenue.

C’est ce sentiment qui fut éprouvé alors que j’empaquetais minucieusement mes 12 repas lyophilisés dans mon sac étanche et que je menais un combat sans merci à l’emballage de plastique de mes ustenciles vert tendance en polycarbonate; j’y suis parvenue, je les ai conquis, ils sont miens!

Nonobstant une épine fichée dans le ventricule, ces derniers temps, mon rêve, lui, j’y prends poigne et ni rien, ni personne ne m’en détournera.

Dans 42 jours, j’ai bon espoir de m’être libérée de ces sentiments qui m’accablent, de vivre pleinement ma vie. D’ici là, je garde la tête haute, avec dignité.

Jour -48

Peu importe ce qui nous arrive, dans la vie, la dernière chose à perdre est notre dignité, humble, mais non indigne.

Quand les circonstances nous poussent à faire preuve d’humilité et que les ces routes empruntées de notre plein gré s’entremêlent à ces voies que nous n’avons pas choisies, faut-t-il garder la tête haute, et ce, nonobstant la houle de micro répercussions que nos réactions peuvent engendrer.

Devant la confrontation ou, pire encore, devant la distance et la froideur, je prendrai toujours le parti de rester intègre à mes valeurs et mes sentiments, sachant que j’ai toujours eu les meilleures intentions en agissant au mieux de science et de mon instinct. Ensuite, les réactions, faits et gestes d’autrui sont bien à eux, ne m’appartiennent donc nullement.

Dans le cas qui m’intéresse, ici, j’ai fait ce que je devais faire afin de libérer mon esprit des sentiments que je nourrissais et qui m’empêchaient d’avancer.

Soit! Soit! La situation est plus simple pour l’autre personne qui a fait le choix de ne pas être impliqué dans la situation, choix que je respecterai sans condition, choix qui ne m’a pas été donné.

Ainsi soit-il.

KJ

Pensée #45789413800

Comment veux-tu me connaitre si je suis toujours moi-même à le découverte de qui je suis?

La question n’est pas réthorique.

Whatever, je vais courir ma demi poutine et mes cinq (5) mousseux! 😉