Prophétie 4 – Livre des ombres triturés

Un genou enfoncé dans la terre, une lame écarlate à la main, tête baissée, je contemple la plaie par laquelle s’accumule à l’envers de ma vie, à chaque goutte tombée.

Autour de moi, de milliers d’yeux portant sur la moitié moins d’âmes guettent dans l’effarement et la confusion ce moment où je courbe l’échine pour contempler, au-delà de ma propre affliction, le corps de ton antagoniste refroidissant dans la boue, parmi les déchets, à sa juste place.

Chacune de mes inspirations, chacune des pulsations de mon cœur meurtri tentent de pallier à l’hémorragie et la joie porte sur nous, êtres abîmes, un regard brisé.

Les circonstances accumulent l’évidence, mais je t’en fais la promesse, je ne quitterai pas ce monde, pas ce soir. J’aperçois ton tant aimé visage alors que du bout de tes doigts caressant ma peau maculée de terre et de sang, tu décryptes mon histoire, comme on le ferait pour de vieux hiéroglyphes. Ils t’enseigneraient de vielles vérités; ils t’auraient raconter ce qui va suivre.

Goutte par goutte, culmine une puissance hors de ce monde, hors de ce temps.

L’entaille s’élargit enfin, comme à la naissance de la lumière, mon corps se tend, mes bras s’écartant de celui-ci, mon visage vers le ciel, dans un hurlement à gorgée déployée que nul astre ne peut ignorer, torturée par la douleur inhérente à la gésine du nouveau monde, j’ordonnai à l’Univers de te préserver et il répond par la beauté d’une pluie de ses joyaux perséides.

Ainsi s’annonce le soulèvement des malmenés.

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Comité d’aurevoir!

DSCI1303

Autour du kilomètre 150, le matin du 29 juillet 2016, vers 3 heures, je me réveille en sursaut : un hurlement à glacer le sang retentit à quelques dizaines de mètre, au bout de la plage où nous campions. Un éclaireur a détecté notre présence et semblait ne pas apprécier.

 

Je fais mine de rien, puisqu’il est seul, mais le matin venu, j’en avise la personne avec qui je faisais cette expédition et lui rappelant que je lui avait signifier la veille, soit que je me sentais observée, d’en direction du boisé, derrière le campement.

 

Vers 11 h 30, voici à quoi nous avons droit.

 

Je ne comprends toujours pas leur comportement, puisque les loups se font usuellement discret autour des humains; ils ne nous aiment pas et nous craignent autant que nous nous les craignons et il est clair que nous faisions suffisamment de bruit pour qu’ils sachent que nous étions présents. Rappelons-nous de l’éclaireur qu’il les en avait informés.

 

Cet événement restera à jamais graver dans ma mémoire d’aventurière. 😉

DSCI1303

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Premier jour

Je m’y suis rendue après un 8 heures de travail aberrant et malgré qu’au moment d’écrire ce blogue, je suis presque sur le point de tomber de fatigue, et que, malgré un bon brossage, j’aie toujours du sable entre les dents, et que je doive ignorer les doléances de mon ventre qui a du se passer de souper, il  y avait longtemps que je n’avais connu pareil satisfaction.

C’est physiquement que je suis le plus mitigée; si d’un côté, pour le moment je porte la douleur comme une deuxième peau, de l’autre, j’ai senti un début de liberté de mouvements tout au long du retour à la maison.

Psychologiquement, et ce, surtout et toujours sur le chemin du retour, je sentais une espèce de béatitude bienvenue, comme apparentée à une euphorie intermittente. Des moments où j’éclatais d’un rire viscéral.

Un fait étonnant, toujours en marchant vers la maison, je trébuchai sur un bout de trottoir. Sur le moment, ma réaction tel que n’importe qui, mais le plus étonnant a été de m’en rendre compte, tout de suite après, une fois l’embarras et le » choc » atténués.on parle de 3-4 secondes.

Je me suis mise à réfléchir sur ma réaction de panique, due à ma presque chute, me vouant à une véritable introspection sur  la réaction que j’aurais voulu avoir, maintenant que je sais ce que je sais.

La fatigue me gagne et la faim me tiraille, mais la fatigue semble vouloir guerroyer pour prendre territoire.

Bonne nuit à vous tous.

PS : la quasiment mort exempte sa victime des sévérités du grammar nazi. ‘Ké?!

Pas de titre, y é 4 h du matin.

Vivre un putain de deuil,
Excaver la cours arrière de ma conscience,
Pour y enterrer celle-là que je suis,
Exécutée par le revers de ton dos.
Si seulement il me restait du courage à prendre,
Je te crierais sur le toit de la Terre,
Que tu me plais,
Mais à travers le chaos de la guerre qui fait rage,
Aucun de mes vaisseaux n’accosterait sur ton rivage.
Et ce, malgré les signaux émis à même la fumée,
Émanant de la combustion de notre monde.
Mon seul espoir réside dans ton pouvoir devin,
Et dans le souffle du vent qui en apportera jusqu’à toi,
La rumeur cendrée de la fin.

Je t’en pris, prouve-moi que j’ai tort enfin.

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